Le paradigme Syndical
Le paradigme Syndical
L’exégèse de la pensée syndicale n’est pas chose aisée.
Si à l’ origine le monde était divisé en deux : La masse laborieuse d’un côté et les gros propriétaires terriens reconvertis dans l’industrie de l’autre ; vision un peu marxiste du monde. Aujourd’hui, il en va tout autrement.
Le salarié est fongible en patron ; les grands patrons ont disparu du paysage social, remplacés par des capitaines d’industries sortis des grandes écoles et interchangeables.
Si dans les petites entreprises le système patriarcal est de rigueur, il en va tout autrement dans les grandes mégapoles productives que sont-les usines ou dans les cités de la peur que l’on nomme le tertiaire.
Le salarié aujourd’hui dans les grandes entreprises ne rencontre jamais son employeur.
Il a affaire à son fac-similé qui se croit investi de pouvoir divin mais, qui en réalité, est un responsable kleenex. Si dans une usine le pouvoir hiérarchique correspond et consiste en une présence d’une autorité supposée derrière le travailleur chronomètre à la main, dans le monde de la production virtuelle, le chef n’est que fort peu apparent et la plupart mal défini.
L’introduction dans l’univers du labeur de la tierce intervention : Le prestataire, l’intérimaire a brouillé encore plus les relations salariés entreprises/ salariés patron.
La vision d’un patron omnipotent et omniprésent a disparu. La méthode, mise en place par Heinrich Himmler pour la solution finale, fonctionne à merveille. Là où la population serait révoltée par un ordre unique et conscient de ce qu’elle fait passe comme une lettre à la poste lorsque l’ordre est morcelé. Chaque individu exécutant une parcelle de la finalité sans savoir ce que fait l’autre. Un camarade quitte le poste, mais personne ne sait où il est parti, personne ne s’inquiète de son sort car il est très vite remplacé. Et s’il y a des velléités, elles sont vite calmées soit par un rappel à l’ordre, soit par une autre interpolation, soit tout simplement par le gendarme que chaque individu a dans sa tête depuis l’enfance. Les crédits, la maison, les enfants font le reste.
Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin d’un Joseph Goebbels pour manipuler les foules. Les prêts bancaires suffisent.
Le pire dans tout cela, c’est que le patronat voudrait nous faire perdre nos avantages sociaux mais tout en continuant à nous faire gagner un salaire juste décent pour nous permettre de consommer.
En effet, au XIX siècle, la richesse se mesure en surface agraire, et les outils, les instruments aratoires : Les Hommes.
A la fin XX et surtout après la chute du modèle socialiste, la surface agraire fait toujours parti du patrimoine à posséder mais la surface financière, la fortune virtuelle sans cesse en augmentation a poussé les responsables vers une course en avant sans limites. Seuls les salariés du monde occidental peuvent leur apporter la croissance exponentielle de leur fortune. En effet, stables, grands consommateurs, nous travaillons vite et bien à ne produire aucune richesse réelle et palpable. Le seul intérêt à nous conserver c’est que nous aspirons plus ou moins à être comme eux. Nous recherchons le confort, la maison secondaire et le rêve inaccessible.
Nous gobons tout ce que la télévision « Goebbelienne » nous soumet de la nécessité de l’écologie aux nécessaires réformes des retraites en passant par la générosité du « Téléthon ».
Mais dans un monde de réel partage, de réelle solidarité de telles associations, de tels contributeurs ont-ils leurs places ?
Les foules occidentales sont anesthésiées par le leur de la fiche de paie.
Plus aucune révolte, plus ou presque pas de réaction.
Pourtant aujourd’hui avec la csg (que nous payons trois fois ; bientôt quatre) , la tva, les impôts directs et indirects, la crds (qui devait être provisoire) les péages (autoroutes construites avec des deniers publics : vendus ou donnés à des société privées) EDF avec fausse concurrence(parce que le nucléaire en Europe est français), La SNCF denier public, caisse privée.
L’ ursaff qui ne rembourse presque plus rien, les retraites qui seront sans aucun doute financées par des fonds de pensions.
Les médicaments et les mutuelles en hausse, La taille, la dime et la gabelle : à côté, c’était de la rigolade.
que restera-t-il de la grande idée qui fut lancée en pleine seconde guerre mondiale par le conseil de la résistance.
Les salarié(e)s continus (es) à être exploités de la même façon mais non plus physiquement en tous les cas dans nos contrés prospères. Il reste en revanche des lieux à conquérir non pas seulement par le syndicalisme mais par l’humanité toute entière comme en Bolivie ou dans les pays à fort rendement en diamants ou les enfants dès l’âge de 3 ans descendent dans les mines. L’époque de Jaurès et de Zola n’est pas encore révolue. Dans ces mondes là, l’espoir de vie ressemble à l’épaisseur d’un papier à cigarette.
Pour autant le monde syndical a-t-il disparu ?
Non, mais il n’a pas subit sa grande mutation, il croit toujours que son combat, il le gagnera en distribuant des tracts.
A l’ère de la normalisation, de la standardisation, de l’industrialisation et du tout numérique, la distribution de tracts dont tout le monde s’en moque, passe inaperçu dans un monde sur médiatisé et de toute façon manipulé.
Les grandes manœuvres syndicales consistant en des défilés et manifestations monstres ont aujourd’hui montré leurs limites, nous l’avons récemment vécu avec les contestations contre les retraites.
Ce monde et ce mode de contestation est en train de mourir.
Il y a d’autres modes de combats à inventer, qui eux aussi finiront par s’essouffler.
Le combat syndical aujourd’hui doit utiliser les mêmes armes que le patronat : Le marketing, le merchandising et tous les termes finissant par « ing » issus de la langue anglo-saxonne.
Le syllogisme dans toute cette histoire réside dans le paradoxe des hommes.
le monde occidental est apathique envers lui-même et les assauts répétés du patronat pour lui faire perdre ses droits et va s’émouvoir le temps d’avaler un café de ces situations d’enfant esclaves.
Les deux révoltes pourtant sont nécessaire, car c’est le même patron qui accorde le droit à la tasse de café en occident en faisant de gros chèques aux associations caritatives et qui maintien à l’autre bout de la planète les hommes en esclavage.